Coeur de Vinyle

Dimanche le 17 février 2013

Depuis des mois, sur le tableau blanc effaçable qui surplombe mon piano, ces quelques mots attendaient une suite : Coeur en vinyle…avec un trou au milieu…bat en mono…J’étais certain qu’une chanson s’y cachait, ne fut-ce que pour célébrer mon amour du disque 33 tours et le plaisir total que me procure chaque jour le geste d’en mettre un sur la table tournante et de l’écouter, pochette en main, lisant les textes de chansons, le nom des musiciens, regardant les photos, le graphisme, reniflant le carton et savourant le rituel jusqu’à la lie, même le moment où il faut se relever pour le retourner, le disque, et avoir accès à la légendaire face 2. Ce rituel est entré dans ma vie à l’enfance. C’est par lui que sont aussi entrés Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Les Cailloux, Les Beatles, Bob Dylan, Peter, Paul and Mary, Simon and Garfunkel…et des centaines d’autres professeurs…

Je me suis privé de ce plaisir pendant des décennies, succombant comme tout le monde aux avances de la technologie de reproduction de la musique. J’ai aimé le côté pratique et convivial des mini-cassettes, la qualité sonore indéniable du CD et l’accès rapide et universel que propose le téléchargement (légal, bien sûr) et l’idée que toute la musique soit disponible en tous lieux et en tout temps…

Deux événements m’ont ramené sur le droit chemin. Je blague. Le droit chemin, c’est d’en écouter et d’en diffuser de la musique, quelque soit le médium. Disons plutôt que deux événements rapprochés ont ramené ce plaisir dans ma vie:

D’abord une visite chez Louis-Jean Cormier, avec qui je travaillais sur l’album des Filles de Caleb à l’époque. Il venait tout juste de s’acheter une table tournante et un bon système de son. En quelques minutes et avec l’aide de The Band, entre autres, il m’a replongé dans cette zone intemporelle où la musique n’a pas d’âge, pas de frontières et où la beauté de l’objet cohabite avec le temps qu’on doit prendre pour s’en servir.
Puis, quelques mois plus tard, le fait de retrouver une dizaine de caisses de disques que je croyais disparus, donnés ou oubliés au gré des déménagements et des changements: ma précieuse collection!
je me suis donc aussi racheté une table tournante, je l’ai branchée à mon système et je suis redevenu amoureux. Je réécoute les vieux, j’en achète des nouveaux, j’en achète des vieux, je les écoute tous dans la joie et le désordre.

Une chanson, donc!

Je me suis dit: pourquoi pas une allégorie, tiens!

Elle est sortie en fin de semaine dernière, d’un coup. Je l’ai retravaillée au Studio Sauvage mardi dernier. La musique est volontairement vieillotte, la guitare en «finger-picking» directement inspirée des albums «country-folk» qui m’ont «forgé le caractère», comme dirait mon oncle, militaire de carrière…On ne peut empêcher, même en vinyle, un coeur d’aimer…

COEUR DE VINYLE

y’a un trou au milieu
de ton coeur de vinyle
par lequel s’échappe l’amour

(Sur l’enregistrement, vous entendrez «passe l’amour». Je l’ai changé depuis pour «s’échappe l’amour»)

la pochette c’est tes yeux
on peut lire si on veut
les paroles de ta vie
écrites en p’tit

au début de la face «A»
une grafigne égratigne
le sillon de la chanson
pis là ça saute
pis là ça saute
pis là ça saute
pis là ça saute

mais rendu su’l côté 2
oh tout l’monde est heureux
y’a des chansons d’amour
qui finissent mieux

y’a un trou au milieu
de ton coeur en mono
qu’est-ce tu dirais
si on s’mixait stéréo?
qu’est-ce tu dirais
si on s’mixait stéréo?

Bonne minute et 39 secondes d’écoute!




8 commentaires au sujet de Coeur de Vinyle

  1. Jean-Christophe Mercier 17 février 2013 @ 15:02 #

    Bravo Michel pour cette belle chanson! Merci de me rappeler ma passion et mon amour sur le disque de vinyle qui aura duré 10 ans cette année!

  2. Sanders Pinault 17 février 2013 @ 15:47 #

    merci Michel…. ça fait du bien… une belle chanson comme je les aime, en toute simplicité et authenticité …L’essence même de ce que doit être une chanson qui se veut un baume au coeur. Un baume dont j’ai bien besoin ces jours-ci…xxx Sanders

  3. Benoit-Luc 17 février 2013 @ 21:13 #

    Une analogie sur un système analogique
    c’est sortir des rubriques numériques
    C’est un voyage épique
    loin de la pensée unique
    C’est magique…

    Bravo!

  4. Francine Favreault 24 février 2013 @ 13:17 #

    C’est un cadeau tout mignon, merci beaucoup Michel, vraiment généreux de ta part, on apprécie tout plein ! ♥
    De ela belle guitare sèche comme on l’aime.
    Bravo

  5. Sylvain Dubé 3 mars 2013 @ 07:52 #

    Bravo! Belle toune qui nous fait revivre l’époque de 33 tours sur un “pick-up”.

  6. Gilles Julien 3 mars 2013 @ 11:33 #

    Bel éloge du vinyle! Écouté en numérique…Va-t-on l’acheter en vinyle? Ça serait logique.

  7. Marie Giroux 3 mars 2013 @ 15:15 #

    Tellement agréable à entendre…….j’aime beaucoup ! Bravo Michel !

  8. Alain Lavoie 6 avril 2013 @ 12:04 #

    Quels souvenirs que ces sorties de disques-vinyle chez Saguenay Musique. Lorsque je m’étais procuré ” Méfiez-vous du Grand Amour”, il n’y avait pas les paroles avec la pochette (erreur du fabricant). Je suis retourné et on m’a donné un nouvel exemplaire. Sans cette superbe petite toune que j’ai bien hâte d’apprendre sur ma vieliie Norman b-50 de 1972, je ne serais pas en train de me remémorer ce souvenir.

    Merci M. Rivard. On est impatient d’écouter l’album au complet.

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