Confiance (2006)


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Robinoude

en soixante-quatre par là quequ’part
dans les rues plates de montréal-nord
y’avait un bicycle bleu et or
de marque robinoude

un cheval de course de haute noblesse
un vingt-six pouces à trois vitesses
le tour du bloc rien qu’s’une fesse
robinoude

mes chums avaient des ccm
des torpado des marques de même
le mien y roulait comme un poème
robinoude

c’est pas une chanson nostalgique
aucun message philosophique
c’tait juste un crime de beau bicycle
robinoude
mon robinoude


Photo dans ma tête

toujours cette photo dans ma tête
cette photo prise il y a longtemps
c’était avant
oui juste avant la tempête
un cinq par sept en noir et blanc

je suis le seul qui puisse la voir
comme j’n’avais pas
mon appareil
je l’ai prise en clignant de l’œil
ça fait pareil
et je l’ai mise dans ma mémoire

je t’aime comme t’étais
je t’aime comme tu es la
je t’aime
comme tu seras toujours
je t’aime comme t’étais
je t’aime comme tu es la
je t’aime
comme tu seras toujours

j’y vois l’ovale de ton visage
tes yeux avaler l’océan
tes cheveux fous
comme il ventait sur la plage
de gros nuages à l’arrière-plan

et je me noie dans ton sourire
et j’y retrouve ma maison
quand je n’sais plus
pourquoi comment
il faut vivre
et que je me cherche un horizon

je t’aime comme t’étais
je t’aime comme tu es la
je t’aime
comme tu seras toujours
je t’aime comme t’étais
je t’aime comme tu es la
je t’aime
comme tu seras toujours

demain c’est notre anniversaire
et je me demande où tu es
et je me demande
combien d’années ça fait
ici moi je veille à mes affaires
j’en perds des bouts
j’oublie des mots
mais j’ai toujours
ce point de repère
cette photo…

dans ma tête
de ton visage en noir et blanc
de ton sourire qui s’moque
de toutes les tempêtes
et qui m’appelle
au bout du temps

comme t’étais
comme tu es la
comme tu seras toujours
j’t’aime comme t’étais
j’t’aime comme tu es la
j’t’aime
comme tu seras toujours


Confiance

confiance confiance
mon p’tit bonhomme
y’aura toujours un téléphone
un bout d’papier
un livre ouvert
une bouteille vide
qui attend la mer

confiance confiance
ma belle aurore
au bout d’l’amour y’aura l’amour
la lune est rouge
la beauté bouge
l’étoile polaire
perd jamais l’nord

tout peut tenir dans une valise
si tu fais confiance au voyage
y peut mouiller comme à Venise
y peut faire beau sur ton visage
tout peut tenir dans une valise
confiance
confiance
confiance
mon p’tit bonhomme

confiance confiance
ma belle enfant
y’aura toujours une mélodie
un œil qui brille en harmonie
avec la toune
que t’as en dedans

confiance confiance
mon p’tit bonhomme
y’aura toujours du jamais vu
l’histoire attend
qu’on rent’ dedans
la tête haute
comme au printemps

tout peut tenir dans une valise
si tu fais confiance au voyage
y peut mouiller comme à Venise
y peut faire beau sur ton visage
tout peut tenir dans une valise
confiance
confiance
confiance
confiance
confiance
confiance
mon p’tit bonhomme


Si, par malheur…

si par malheur un vent mauvais
venait à souffler sur toi
j’ouvrirais mes bras en croix
et je me planterais la
entre ce vent et toi

si par hasard un an de pluie
venait à gâcher nos jours
je déploierais un ciel de lit
un abri bleu d’amour
entre nous et la pluie

si par envie
par jalousie
si par un mot méchant
j’en venais à te faire souffrir
je m’en voudrais longtemps
en souffrant tout autant

si par ici un hiver noir
venait se jeter sur nous
pour pas qu’t’aies peur
pour pas qu’t’aies froid
j’allumerais des feux
de forêt dans tes yeux

si par envie
par jalousie
si par un mot méchant
j’en venais à te faire souffrir
je m’en voudrais longtemps
en souffrant tout autant

si par ailleurs un grand bonheur
devait t’éloigner de moi
devrais-je rire ou bien mourir ?
devrais-je rester là ?
ça je ne le sais pas
devrais-je rester la
ou partir avec toi ?


Cet hiver là


Les chemins de gravelle

les chemins de gravelle
s’en vont tout croche
rayon de soleil
lumière de roche
poussière de lune
quand vient la nuit
les chemins de gravelle
te ramènent d’où t’es parti

tout droit vers elle
l’amour d’la vie
l’amour qui rush au paradis
l’amour tout moche
qui traîne de l’aile
s’en vont tout croche
les chemins de gravelle

les chemins de gravelle
sont souvent saouls
trop d’hydromel
trop d’caribou
trop tôt pour elle
trop tard pour lui
les chemins de gravelle
sont souvent seuls sous la pluie

la pluie si belle
sur la garnotte
perles de ciel
qui mouillent les bottes
et laissent des traces
sur le tapis
les chemins de gravelle
souvent s’ennuient

pendant l’hiver
les chemins de gravelle
fredonnent des airs
de violoncelle
et sous la glace
la neige le vent
jusqu’au printemps
les chemins de gravelle
sont très patients

ma mie ma femme
ma douce ma belle
ma blanche d’âme
ma noire de ciel
ma bonne augure
ma lune de miel
attends-moi
su’l chemin de gravelle
attends-moi
su’l chemin de gravelle


Une bonne affaire

j’ai tout remis en place
comme un bon garçon
effacé toutes les traces
de mes pas dans la maison

ouvert tout grand les fenêtres
vidé le répondeur
j’ai tout fait disparaître
les taches et les odeurs

on approchait minuit
j’ai remis mes lunettes
en sortant j’me suis dit :

une bonne affaire de faite !

j’ai roulé toute la nuit
compté les épinettes
le country dans l’tapis*
la voix de tammy wynette

j’ai mis le nez dehors
sniffé la noirceur
en haut l’étoile du nord
brillait en mon honneur

j’avais pus peur de rien
j’avais chaud j’avais frette
un p’tit « shake » dans les mains

une bonne affaire de faite !

au bout d’la route un lac
dans l’parc la vérendrye
un maudit beau décor
pour un bain de minuit

le chevrolet tout croche
que j’ai jamais fini d’payer
ben y’a calé comme une roche
personne a braillé

moi j’ai craché dans l’eau
frotté l’allumette
la flamme est montée haut

une bonne affaire de faite !

quand l’aurore s’est pointée
j’avais la langue à terre
j’étais gelé d’liberté
j’étais seul sur la terre

j’attendais que l’soleil
me pardonne mes offenses
comme il pardonne pareil
aux oiseaux leur silence

j’avais l’cœur étourdi
ma vie ‘tait tout en miettes
pas grave que j’me suis dit :

une bonne affaire de faite !

* merci à fred fortin


Chien rouge

chien rouge
mauvais sort
y mouille à mort
bad luck
cauchemar
à montréal-nord

chien rouge
j’t’ai vu
viens-tu d’l’aut’bord ?
d’l’aut’bord d’la rue
d’l’aut’bord d’la mort ?

hou hou
hurle à la lune
chacun cherche sa chacune
hou hou
hurle à l’amour dans la brume

chien rouge
trompe-la-mort
cherche un trésor
gros cash
mine d’or
à montréal-nord

chien rouge
j’m’ennuie
j’rouille sous la pluie
pis j’doute
de toutes
les filles du boutte

hou hou
hurle à la lune
chacun cherche sa chacune
hou hou
hurle à l’amour
dans la brume

chien rouge
mauvais sang
ça brûle là-dedans
tu mords
à belles dents
la main d’la mort

hou hou hurle à la lune
chacun cherche sa chacune
hou hou hurle à l’amour
dans la brume
hou hou hurle à la lune
chacun cherche sa chacune
hou hou hurle à l’amour
dans la brume


Chimère d’avril


J’te dis oui

j’te dis oui mon amour
pour la vie et tout autour
pour le ciel de ton lit
toujours bleu quand il fait gris
pour les jours en couleurs
pour les nuits qui m’font plus peur
pour tout ça
pour la vie

j’te dis oui

j’te dis oui mon amour
sans jamais ni toujours
sans promesse
ni serment
simplement
pour passer dans tes bras
tout le temps qu’la vie voudra
pour tout ça
mon amour

j’te dis oui

j’te dis oui mon amour
pour le merveilleux voyage
sous l’azur ou l’orage
même les chagrins de passage
pour nos cœurs à l’abri
sous le même parapluie
pour tout ça
pour la vie

j’te dis oui

j’te dis oui mon amour
sans jamais ni toujours
sans promesse
ni serment
simplement
pour passer dans tes bras
tout le temps qu’la vie voudra
pour tout ça
mon amour

j’te dis oui

j’te dis oui pour l’ivresse
quand j’me saoule de tes caresses
pour le miel dans ta voix
le matin quand tu t’réveilles
pour le beau rendez-vous
pour l’enfant qui veille en nous
pour tout ça
pour la vie

j’te dis oui

j’te dis oui mon amour
sans jamais ni toujours
sans promesse
ni serment
simplement
pour passer dans tes bras
tout le temps qu’la vie voudra
pour tout ça pour la vie
mon amour
mon amour pour la vie

j’te dis oui


Seize ans déjà

seize ans déja
elle attend quelque chose
un appel un visage
un message à l’écran

elle parle au téléphone
et son cœur se chiffonne
au moindre tremblement

seize ans déja
elle est belle au présent
on lui dit
elle rougit
c’est gênant à seize ans

oh les questions qu’elle se pose
les défauts dans le miroir
les sanglots certains soirs

entre la femme qu’elle sera
et celle qu’elle est déja
y’a une toute petite fille
qui n’sait plus où elle va
elle attend…

seize ans derrière
et toute la vie devant
seize ans

seize ans déja
pleine de toutes les musiques
une chanson britannique
et son âme s’envole

au-dessus de l’école
elle rigole de là-haut
trouve le monde presque beau
seize ans déja
elle se rêve un roman
un peu triste un peu flou
intriguée
elle attend…

au tournant de la page
un nouveau personnage
un heureux dénouement

entre la femme qu’elle sera
et celle qu’elle est déja
y’a une toute petite fille
qui n’sait plus où elle va
elle attend…

seize ans derrière
et toute la vie devant

seize ans déja
la famille les fous rires
les amis pour la vie
et pourtant elle attend
un téléphone
un appel elle frissonne
un prénom qui rend fou
un baiser dans le cou

entre la femme qu’elle sera
et celle qu’elle est déja
y’a une toute petite fille
qui n’sait plus où elle va
elle attend…
elle attend…


Rivière

je rêve d’une rivière
un torrent fabuleux
un courant de lumière bleue
en chemin vers la mer

dans l’eau de la rivière
nos amours de banlieue
nos regrets nos chimères bleues
nos secrets d’après-guerre

coule rivière coule
emporte tout
coule rivière coule
emporte-nous

j’ai trop-plein d’existence
je cherche mon respir
dans mes rêves la rivière danse
le meilleur et le pire

un sapin dans la brise
ça chante au gré du vent
tout ce cinéma m’épuise
je cherche un firmament

coule rivière coule
emporte tout
coule rivière coule
emporte-nous

le soleil fait de l’or
sur la peau de la rivière
le mirage de ton corps nu
en morceaux de lumière

notre père dans les cieux
notre mère sur la terre
mon amour la rivière bleue
je nage en plein mystère

coule rivière coule
emporte tout
coule rivière coule
emporte-nous

coule rivière coule
emporte tout
coule rivière coule
emporte-nous

coule rivière coule
coule rivière coule


Le beau grand jamais vu

y’a quequ’ chose qui m’appelle
quelque chose de plus grand que moi
y’a quequ’chose qui m’appelle
quelque chose de plus grand que moi
est-ce le bleu du ciel ?
est-ce la musique dans ta voix ?

j’ai fermé la radio
la télé dort sous la poussière
j’ai fermé la radio
la télé dort sous la poussière
le soleil de septembre
est la plus belle lumière

mais où t’en vas-tu ?
je marche à pas de loup
vers le beau grand jamais vu

j’ai des souvenirs de corde à linge
tendus dans mon dedans
des beaux souvenirs de corde à linge
de bord en bord de mon dedans
j’ai des amours de première neige
et de mauvais temps

j’ai des amis fidèles
perdus dans les replis du temps
j’ai des amis fidèles
perdus
retrouvés dans les replis du temps
je leur donne de mes nouvelles
je les appelle en chantant

mais où t’en vas-tu ?
je marche à pas de loup
vers le beau grand jamais vu

y’a des jours où j’ai peur
y’a des jours où j’ai chaud
qu’il n’y ait plus d’air dans l’air
qu’il n’y ait plus d’eau dans l’eau
qu’est-ce qu’on attend ?
qu’est-ce qu’il nous faut ?

j’ai un pays qui branle dans le manche
de ma guitare
un grand pays qui branle dans le manche
de ma guitare
j’ai encore un accord à trouver
avant qu’il soit trop tard

j’ai la langue qui fourche
et les mots tournent dans ma bouche
j’ai la langue qui fourche
et les mots tournent sept fois
dans ma bouche
les mots de haine me font du mal
les mots d’amour me touchent

mais où t’en vas-tu ?
je marche à pas de loup
vers le beau grand jamais vu

y’a des jours où j’ai peur
y’a des jours où j’ai chaud
qu’il n’y ait plus d’air dans l’air
qu’il n’y ait plus d’eau dans l’eau
qu’est-ce qu’on attend ?
qu’est-ce qu’il nous faut ?

y’a quequ’ chose qui m’appelle
quelque chose de plus grand que moi
y’a quequ’chose qui m’attire
quelque chose de plus grand que moi
est-ce le bleu du ciel ?
est-ce le silence dans ta voix ?

mais où t’en vas-tu ?
je marche à pas de loup
vers le beau grand jamais vu