La tasse de café…

La tasse de café laisse un cerne sur la feuille, juste en-dessous des mots «…et si toi et moi on se faisait des souvenirs?». Je me souviens avoir noté cette phrase il y a quelques jours. Elles arrivent orphelines comme ça quelquefois, je les note sans savoir si j’ai affaire à un début de chanson, une fin de refrain, un bout du milieu, un titre ou tout simplement une phrase en l’air qui ira rejoindre dans l’azur les multitudes de phrases qui auront existé sans jamais trouver leur place dans la société…

Depuis la fin du «Temps des Fêtes», (qui s’est amicalement terminé cette année par un souper Flybin Band à la campagne, avec en prime une mémorable partie de Taboo sous influence de bulles) je me rends presque quotidiennement au Studio Sauvage pour y écrire et y composer. C’est un lieu que j’adore, c’est ma bulle de solitude et de création. J’y suis entouré d’instruments et de matériel d’enregistrement, j’y passe de longues heures sans les compter, à «gosser» des musiques, à raboter des textes, à paufiner un son de guitare, à enregistrer les maquettes qui seront la charpente du prochain album. J’ai vue sur la rue Amherst (j’attends d’ailleurs le jour où on changera le nom de cette rue, Amherst était un escroc, un précurseur de la guerre biologique qui se plaisait à fournir au autochtones des couvertures contaminées à la petite vérole…), la bâtisse abrite plein d’autres musiciens qui butinent comme moi, les cafés environnants sont charmants. j’ai souvent avec moi un ami chien. Ce fut Alice pendant des années…maintenant c’est Muffin, et la vie continue.

J’en sors quelquefois découragé, avec le sentiment d’avoir gaspillé une précieuse journée à poursuivre des nuages intérieurs, alors que j’aurais pu aller jouer dehors, marcher, réparer quelque chose, me rendre utile…Je reviens le lendemain, je me fais du thé et j’écoute mes balbutiements de la veille: à la troisième minute d’une longue et platte improvisation, la voilà qui se pointe, la petite mélodie sur deux accords qui me fait sourire et qui sera le point de départ du travail de ce jour-là. Et je recommence. Et je cherche encore. Et parfois je trouve.

Où en suis-je avec le projet? Pour le moment c’est «nom de code» Roi de Rien. C’est le titre de la première chanson à avoir émergé après les 36 que j’ai écrites paroles et musique pour l’opéra-folk Les Filles de Caleb. Je croyais m’être vidé, mais cette petite valse est venue se pointer le bout du nez en automne 2011.

Ceux qui ont vu mon spectacle du printemps dernier l’ont entendue. Dans le même spectacle, je reprenais à ma façon deux chansons offertes à deux interprètes fort différents, Maxime Landry et Éric Lapointe…Paulo et Avalanche se retrouvent aussi sur la liste potentielle des chansons de l’album. Je suis moins certain, pour l’instant, d’une chanson qui s’intitule Y’a des Jours…Je dois la réécouter…je vous la ferai entendre, peut-être…

Dans le spectacle de l’automne dernier se sont glissées Dans l’Bois et Ma Soeur la Lune…La première est sortie d’un coup après le visionnement du documentaire «Je ne veux pas mourir» de Paul Rivet (sur l’itinérance autochtone à Montréal) et la seconde a mûri pendant de longues semaines, une autre chanson «avec la lune dedans»…

Je viens tout juste de compléter Demain, une tranche de vie, peut-être la mienne, peut-être la vôtre, dont le déclencheur est une phrase qui me trottait dans la tête depuis longtemps: demain n’est jamais celui qu’on pense…

Nous sommes samedi matin et il neige…je vous offre Roi de Rien, maquette enregistrée l’année dernière…

 




8 commentaires au sujet de La tasse de café…

  1. Annick Gaudreault 19 janvier 2013 @ 11:25 #

    C’est bon de te lire Michel. En savoir plus sur la création des autres est toujours inspirant!

  2. Claire Gaucher 19 janvier 2013 @ 11:43 #

    Merci pour cette douceur. J’aime vous entendre parler de votre métier et j’aime à penser qu’il n’y a pas de jours inutiles ou vides. Les efforts d’un jour préparent les réussites d’un autre jour.

  3. Philippe Bussière 19 janvier 2013 @ 12:06 #

    Une chanson sur Amherst pourrait être intéressante! D’ailleurs, y’a toujours Robert Bourrassa et Gary Carter qui attendent leur rue!!!

  4. Marlène 19 janvier 2013 @ 17:12 #

    “et si toi et moi on se faisait des souvenirs?».
    C’est sans doute la chose la plus jolie que j’ai entendu depuis longtemps, à la deuxième phrase de cette charmante incursion dans un petit moment de votre vie, c’est comme si on était tout prêt…tricotant dans vos nuages, C’est doux, joli, sereine sincérité. Esquissant un sourire sous vos mots

  5. Αlexandra LalΩ 31 janvier 2013 @ 00:23 #

    Lundi,le 25 Juillet 2011 à midi ,au cup, au Sec, cup. = 1ÈreSouvenir Ton chapeau et ton regard je ne vous connaise pas………mais votre regard persistant me suite… =2ièmeSOUVENIR Revenir en 2012 ,11 Octobre votre regard d’aigle est la …me fait rire.À YUL fait frais…J’avais laissais l’eau de ma vie pour nager dans votre souvenir… Je ne plus passer par ce cafè…depuis .Pourtant avec Melly on faissait bien notre promenade,mais à la moitiè de notre chemin ,on se sauvaient.Je me sauvais.Aller à plus

  6. Bridg 10 février 2013 @ 09:47 #

    Salut, cool de te lire, j’aime comment tu nous décris tes moments
    J’aime écouter ta douceur
    xx

  7. Denis 3 avril 2013 @ 19:10 #

    Michel, quand tu parles de tes 36 compos des Filles de Caleb… quand pourrons-nous réentendre les pièces qui ne sont pas sur le disque?
    Ou mieux, quand pourrons-nous revoir ce spectacle sur scène ou en DVD?

    • Essie 31 mars 2016 @ 14:30 #

      Superior thinking deonestratmd above. Thanks!

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