Nouvelles RSS feed for this section

Coeur de vinyle? Gagnez votre 33 rpm autographié!!

Pour le fêtes, Michel vous offre dix copies vinyle autographiées de «Roi de rien». Un indice pour participer…




L’album est en boutique !

“Roi de rien” est en magasin depuis minuit et la maison Spectra a désormais sa boutique où vous pouvez choisir d’acheter l’album en téléchargement de nous où de iTunes. Voilà : http://bit.ly/AchatRoideRien

Vous pouvez revoir ou entendre les récentes entrevues à “Tout le monde en parle”, chez Paul Arcand ou Penelope McQuade en suivant ce lien : http://bitly.com/bundles/michelrivard/2

Enfin, n’oubliez pas de vous inscrire à la liste d’envois pour être tenu au courant des concerts – c’est ici http://bit.ly/nouvellesroiderien
Bises et à bientôt!




Vous êtes invités au lancement de “Roi de rien”

Michel Rivard sort son tout nouvel album “Roi de rien”. Courez la chance d’assister à son lancement le jeudi 3 octobre à l’Astral (17h30). Remplissez vite le formulaire (en cliquant ici) et faites partie des privilégiés !




Roi de Rien, l’album approche…

Depuis deux jours, ça sent l’automne. Inutile de vous dire que pour moi, c’est LA saison, l’espoir, le début de tout. Je l’ai chanté et rechanté…et je le chante encore. L’air est frais, le soleil est croustillant, je revis et ça me donne le goût de vous mettre au parfum:
Presque deux ans que la chanson Roi de Rien s’est présentée, paroles et musique quasi-simultanément. Un cadeau pour moi, qui croyais qu’après l’aventure des Filles de Caleb (36 chansons, paroles et musique, en 18 mois!) j’en aurais pour quelques années à laisser le puit se remplir avant de pouvoir écrire et composer de nouveau. Non. La chanson s’est montré le bout du nez, bien lisse et ronde comme une bille de verre. Comme si la vie me disait: c’est ton métier d’écrire des chansons, ne perds pas de temps et clenche!
Je savais dès ce moment-là que Roi de Rien serait la première d’une suite de chansons, qu’elle donnerait le ton et possiblement le titre à un nouvel album. La porte était ouverte: Styromousse, Mélodie, Dans l’bois, Et on avance, Ma soeur la Lune ont suivi. À chaque nouvelle entrée, la direction country-folk contemporain se précisait. Je me suis mis à les enregistrer en version solo acoustique dans mon petit studio: des versions directes, voix et guitare en même temps, histoire d’être bien certain que les chansons pouvaient vivre dans leur plus simple expression. Je me servirais de ces versions comme maquettes à faire entendre à mes collaborateurs, mais aussi je commençais à chérir l’idée de les rendre disponibles au public.
J’ai commencé à introduire quelques-unes de ces chansons dans les spectacles que j’ai donnés par la suite avec le Flybin Band. Réactions très encourageantes du public et des musiciens. Ça fait du bien à l’écriture! Coeur de vinyle, Après l’Orage, Une Lettre Ouverte, Vertige, Merci pour tout et Le gars d’en haut ont surgi tour à tour…
En juin dernier, je suis parti en mini-tournée de spectacles solo, histoire de peaufiner les nouvelles chansons devant public, avant le travail d’arrangement et de pré-production de l’album. Encore une fois, grosse bouffée d’amitié et moultes tapes d’encouragement dans le dos. Ne restait plus qu’à le faire, cet album!
J’ai choisi Éric Goulet comme réalisateur. J’aime le gars, son travail de musicien et d’auteur-compositeur (Les Chiens, Monsieur Mono, Éric Goulet et les Chevals de Feu), son travail de réalisateur (Vallières, Sylvie Paquette, entre autres…) et son approche audio-vérité de la production musicale.

Éric le réalisateur à l’ouvrage (le guitariste est pas loin!)

Avec lui et Ghislain-Luc Lavigne à la prise de son et au mixage, je me sentirais en confiance et pourrais me concentrer sur les chansons, les jouer, les chanter…mais pas tout seul!
Je voulais depuis le début du projet que cet album soit le reflet-miroir de la sonorité de mes spectacles, qu’il n’y ait pas de clivage entre les versions «studio» et les versions «live».
Le Flybin Band est une des belles constantes de ma vie, un amalgame étonnant de fidélité amicale, d’imagination musicale quasi-télépathique et de pur plaisir à l’ouvrage.
Mario Légaré (basse et contrebasse) me fait l’honneur de sa solide et sympathique présence depuis 1977. Sa basse est chantante, toujours au service de la chanson.

Le «Mario Légaré» de la basse!

Sylvain Clavette (depuis 1986) a une approche unique de la «percuterie», une assise de plomb doublée d’une légèreté divine…sans compter un sens de l’humour dévastateur.

Sylvain Clavette en pleine percuterie…

Rick Haworth est là depuis 1979, joue d’une panoplie impressionnante d’instruments que j’adore, de la guitare électrique à la trompette (une découverte récente) en passant par les dobro, pedal-steel et autres mandolines, toujours avec âme, précision et désir d’innover.

Rick au focus, chanteur flou…

Je voulais aussi retrouver le plaisir des harmonies vocales. N’ai-je pas, après tout, fait longtemps partie d’un groupe dont c’était la marque de commerce? J’ai immédiatement pensé à Lana Carbonneau (La Bande Magnétik), magnifique choriste et amie de longue date.

Lana! (elle a aussi une auto électrique…)

Adèle Trottier-Rivard et Stéphanie Boulay ont participé à plusieurs de mes spectacles, mais se sont envolées, belles hirondelles, vers leurs projets respectifs, la première avec Louis-Jean Cormier, la seconde avec les Soeurs du même nom…
Ça m’a permis de découvrir Audrey-Michèle Simard, une voix et une présence adorables, une superbe complicité avec Lana et le reste du band.

Audrey-Michèle et sa mauvaise humeur habituelle…

Elles se sont rapidement rendues indispensables, et leurs voix font maintenant partie intégrante du Flybin Band. Leur joie de vivre et leurs appétits insatiables leur ont rapidement valu le surnom d’«Épicuriennes de l’Amour»

Flybin cherche sa note avec Éric et les «Épicuriennes de l’Amour».

Nous avons passé plusieurs semaines en local de pratique pour fignoler les arrangements et se préparer à l’enregistrement, sous la gouverne d’Éric. Heureux de retrouver le band, heureux de voir les nouvelles chansons prendre leur forme. Je me suis alors dit que qu’il serait plaisant de faire le même exercice qu’avec les spectacles solo de juin, mais en groupe: aller chanter devant public les nouvelles chansons telles qu’elles seraient enregistrées quelques jours plus tard. C’est donc au légendaire petit bar musical de l’avenue du Mont-Royal, le Verre Bouteille, que deux soir caniculaires de Juillet, nous avons offert à un public chaleureux et attentif l’intégrale de l’album à venir.
En voici quelques images, captées par Joséphine Rivard qui signe aussi les photos studio.

Voilà pour l’instant! Je vous parle bientôt de l’enregistrement comme tel au Studio Piccolo, de l’automne et de mon nouveau chien!
Merci pour tout!




Et on avance…

Un message rapide comme l’éclair avant un court repos… Les prises de son se sont terminées hier en respectant notre calendrier de façon exemplaire! On peut maintenant s’attaquer au mixage final. Voici une nouvelle capsule vidéo au travail, captée par les bons soins de ma fille Joséphine. Si vous voulez être tenus au courant des progrès du projet, des surprises que nous vous avons préparées, de la date de lancement, laissez votre adresse courriel à Brigitte, ma gérante, en cliquant ici Nouvelles – Roi de rien
À bientôt. Michel.

Capsule jour 7 : «Et on avance» suivi de «(Un train de nuit pour) Shangri-La»




Michel Rivard entre en studio

Pour Michel Rivard ce ne sont pas les vacances de la construction! En ce 22 juillet, il entre en studio pour enregistrer le nouvel album «Roi de rien» et publie un long article sur son blogue. Il nous y dévoile les titres des chansons qui feront l’objet des sessions d’enregistrement et la maquette de travail de la pièce “Après l’orage”. (en lire davantage)

Vous pouvez vous inscrire afin de recevoir le bulletin de nouvelles de Michel Rivard par courriel à l’adresse suivante : http://bit.ly/nouvellesroiderien




Après l’orage

APRÈS L’ORAGE…

(…et je ne parle pas de la météo des derniers jours!)

À quelques jours de l’enregistrement définitif, je fais le point sur l’album: il s’intitulera Roi de Rien.
Pour l’instant, seize chansons se battent au portillon, espérant se rendre sur la galette, numérique ou vinyle: quatorze nouvelles, écrites dans les derniers dix-huit mois (dont treize complétées et une qui branle dans le manche…), et deux plus anciennes, offertes il y a quelques années à des interprètes dont la version a déjà été gravée sur disque, que je reprends maintenant à ma façon. Il reste encore à décider combien de ces chansons se retrouveront sur l’album et dans quel ordre…Les voici:
ROI DE RIEN
STYROMOUSSE
MÉLODIE
ET ON AVANCE
DANS L’BOIS
APRÈS L’ORAGE
LE GARS D’EN HAUT
COEUR DE VINYLE
(UN TRAIN DE NUIT POUR) SHANGRI-LA
UNE LETTRE OUVERTE
MERCI POUR TOUT
MA SOEUR LA LUNE
VERTIGE
MONTRE-MOI TON COEUR (à réviser)
AVALANCHE (déjà enregistrée par Éric Lapointe)
PAULO (déjà enregistrée par Maxime Landry)

Toutes ces chansons ont été, sous une forme ou une autre, chantées devant public en 2012/2013:
-En 2012, avec le Flybin Band, dans les spectacles présentés à l’Astral de Montréal et dans la mini-tournée qui a suivi.
-En juin 2013, dans une série de spectacles «solo» et avec le «band» lors d’une virée Abitibienne.
-Les 14 et 15 Juillet dernier, au légendaire Verre Bouteille de l’avenue du Mont-Royal, dans la chaleur caniculaire et la promiscuité chaleureuse du public et d’un Flybin Band en feu!

Depuis des lunes, j’ai ce désir très fort de faire vivre les chansons aussitôt qu’elles m’arrivent, de les amener sur la place publique sans trop les juger, sans attendre qu’elles aient leur forme définitive…forme que je m’amuse d’ailleurs à «transformer» même une fois les albums publiés…en tentant cependant de garder l’équilibre entre se faire plaisir, faire plaisir au public et reconnaître la chanson: je suis sorti trop souvent frustré des concerts de Dylan (où il charcutait volontairement ses classiques au nom de la «relecture») pour ne pas en tenir compte.
En fait, j’ai toujours aimé considérer les chansons comme des entités vivantes, organiques, dotées d’une faculté d’adaptation aux circonstances: les salles, le public, mon état d’esprit, l’accompagnement, les impulsions musicales du moment, etc…

L’enregistrement de l’album se fera donc le plus «organiquement» possible, en «gang», en minimisant les «overdubs» (quelqu’un a une suggestion française pour ce terme qui veut dire «rajouter des éléments sonores, voix ou instruments, à des pistes déjà enregistrées»?) et les bidouillages de studio. La saveur «folk» («folk-rock»? «Country-folk urbain»? «Folk contemporain»?) des chansons appelle pour moi cet approche directe à l’enregistrement, plus proche de la captation: «Voici les chansons, voici comment on les joue quand on se retrouve, le Flybin Band et moi!»

Je jouerai les guitares accoustiques et semi-accoustiques. Rick Haworth sera aux électriques, au pedal-steel, à la mandoline, au dobro et à la trompette (s’il ne sort pas son banjo de l’étui…). Mario Légaré tiendra fidèlement la contrebasse et la basse électrique. La percuterie sera assurée avec imagination par Sylvain Clavette. Les voix angéliques des Épicuriennes de l’Amour, Lana Carbonneau et Audrey-Michelle Simard, viendront teinter le tout.
À la prise de son et au mixage, je retrouverai avec plaisir Ghislain-Luc Lavigne que j’ai connu comme assistant sur Maudit Bonheur (ses débuts!).
À la réalisation, j’aurai enfin le bonheur de travailler avec un gars dont j’admire le travail depuis fort longtemps: Éric Goulet. Éric est un de ces réalisateurs qui préfèrent la spontanéité à la perfection. Bienvenue au club!

Pour vous mettre un peu dans l’esprit artisanal du travail, je vous offre Après l’Orage.
C’est une chanson «chorale», non dans le sens vocal du terme, mais plutôt dans son sens cinématographique: on appelle souvent «film choral» un film où des destins différents s’entrecoupent ou non, réunis par une thématique ou un lieu ou un événement.
Dans Après l’Orage, j’évoque quatre situations urbaines (une vente de garage, une jeune femme à l’ordi dans un café, un homme dans une automobile à l’arrêt et deux ombres dans une cour d’école) réunies par le même refrain:

Dans l’air après l’orage
Respire le mystère
Trouve le courage
Dans l’air après l’orage
De l’aut’bord des nuages

Ce refrain vient probablement de la fascination qu’a toujours exercé sur moi l’énergie palpable que laisse dans l’air le passage d’un orage ou d’une averse. Scientifiquement, paraît que ça s’explique par la quantité d’ions négatifs relâchés dans l’atmosphère. J’apprenais aussi récemment que l’odeur laissée la pluie dans l’air ambiant se nomme «pétrichor»…vous ne m’en voudrez sûrement pas de ne pas avoir utilisé ce mot pas très joli dans mon texte. Un temps pour la science, un autre pour la chanson!

Voici d’abord la version guitare/voix de la chanson, enregistrée il y a quelques mois au studio Sauvage.

Par le lien vidéo qui suit (réalisation de ma fille Joséphine et de ses collaborateurs Jules et Romain), vous avez un bref aperçu de notre travail en studio de pré-production, une idée de la construction d’un arrangement «organique», version Flybin Band.

Vous pouvez vous abonner à mon bulletin de nouvelles envoyé par courriel en cliquant sur le lien qui suit : http://bit.ly/nouvellesroiderien




LA RIME, L’IMAGE, LE PERSONNAGE

D’abord, un «riff» de guitare (un motif) que j’avais trouvé pour autre chose et que j’adapte pour en faire le soutien d’une nouvelle mélodie, résolument «country-folk»…on ne réinvente pas la roue, mais on prend la route!

Ensuite, une rime:

tu regardes passer les fantômes
dans ta tasse en styrofoam

La phrase traîne dans mon téléphone (hé oui, l’auteur-compositeur «moderne» se sert de tout ce qui est à sa disposition) depuis un bout de temps. La rime est un peu lourde mais l’image est précise, les deux mains qui se réchauffent en serrant le gobelet, le café fade dans lequel on voit passer sa vie en volutes de lait 2%…
Puis, une discussion avec ma blonde, elle-même auteure de chansons, sur les rimes et le carcan qu’elles imposent quelquefois à nos idées, mais aussi sur la liberté d’imagination que paradoxalement l’alternance des rimes peut amener à l’écriture…Je décide donc de faire l’exercice de reprendre ma première idée et de la travailler sans la rime:

tu r’gardes flotter les nuages
dans ta tasse en styromousse


Exit les fantômes, bonjour les nuages! Déjà une direction s’amorce: les nuages apportent une touche de réalité, il y a un ciel qui se réflète dans le café, on est quelque part! Le styrofoam, lui, est devenu styromousse. Victime de la police de la langue française? Pas du tout! Le mot me fait sourire, c’est tout…et on avance:

ton café goûte le baton
la vie est douce à Montréal

Je ne sais pas pourquoi mais dès ces lignes se dessine un personnage qui ne vient pas de Montréal, qui n’est donc pas moi, qui a abouti ici pour une raison que je ne connais pas encore et qui médite au-dessus de son café pâlotte, assis dans son auto…pourquoi son auto? Parce que j’entends la radio et une chanteuse qui veut trop:

la chanteuse en fait des tonnes
pour capter ton attention
baisse le volume ou sors du char
la vie est courte fais-toi pas mal


Je vois du soleil, un ciel bleu, quelques nuages…et si le char était stationné dans le Vieux-Port? Et si le gars était venu respirer l’air du fleuve pour réfléchir à son avenir?

le Vieux-Port est inondé
d’un gros soleil de bout du monde
partirais-tu?
aurais-tu l’guts?
qu’est-ce qui te retient à Montréal?

Deuxième couplet, le scénario se précise: notre homme sort du char, regarde les mouettes, les touristes qui regardent les mouettes…on se demande ce que les touristes viennent faire en ville et en réponse, on apprend pourquoi il est venu, lui, en ville:

tu r’gardes valser les mouettes
sur un ciel de papier bleu
un beau portrait pour les touristes
qu’est-ce qu’on vient faire à Montréal?

ben oui c’est sur t’es v’nu pour elle
‘ est tellement belle en uniforme
elle sent l’savon pis la famille
les rêves de filles à Ville Laval

mais toi pis elle c’est pas possible
c’est comme une tache qui revient tout l’temps
oublie l’printemps
oublie la ville
la vue est platte change de canal

(oui, il y a quand même une rime en «al» qui revient régulièrement à la fin de chaque couplet…béquille? Non…mais utile en maudit!)

«L’Icone» est un tableau de Martin Brouillette

Qu’est-ce qu’on voit quand on laisse son regard errer dans le Vieux-Port? La ville, les silos désaffectés, le Cirque du Soleil…mais aussi les ponts! C’est le Pont Jacques-Cartier qui va me faire préciser le personnage: c’est un manuel qui a quitté la nature pour la ville et l’amour d’une femme qui n’a pas les même rêves que lui…je pars du pont et je laisse débouler:

tu r’gardes le pont à l’horizon
comment ça fait pour t’nir tout seul?
ça prend du fer pis des millions
pis toi t’as rien faque ferme ta yeule

toi t’as rien mais tout ton temps
pis tu te débrouilles avec tes mains
t’aimes le bois t’aimes le silence
pis t’aimes son corps en queue-de-cheval

…et me reviens l’image de la tasse du début et je me dis qu’il doit bien l’avoir fini son café:

tes doigts écrasent le styromousse
qu’on peut même pas récupérer
un goût amer au fond d’la bouche
une vague de blues artisanal


(C’est ici que je décide du titre de la chanson. Elle s’appellera styromousse)

Je prends une pause de quelques jours, car je n’ai toujours pas répondu à la question de la fin du premier couplet. Va-t’il rester? Va-t’il partir? Et s’il part, va-t’il ailleurs ou retourne-t’il chez lui?

J’opte pour le départ…Je ramène le char et la chanteuse. Je lui invente une enfance et je décide qu’il retourne chez lui, dans son pathelin. Où est-ce exactement? C’est la rime en «al» qui choisit pour moi: Roberval.
Un dernier flash sur les rues de Montréal. Point final.

tu tiens l’volant comme à ta vie
t’a des secousses dans’ transmission
mais la chanteuse est endormie
quel temps y fait à Roberval?

tu r’vois ton père en boisson
t’entends ta mère qui rit aux larmes
ta collection de p’tites machines
ta photo d’classe ton gant ta balle


la semaine passée sur le trottoir
t’as lu un prénom dans l’ciment
y’a des souvenirs qui ont la vie dure
comme les briques rouges
de Montréal

Voici une version «audio-vérité» de styromousse enregistrée fin février au studio Sauvage.

L’image du Pont Jacques-Cartier est un magnifique tableau de Martin Brouillette intitulé «L’Icone»




Coeur de Vinyle

Dimanche le 17 février 2013

Depuis des mois, sur le tableau blanc effaçable qui surplombe mon piano, ces quelques mots attendaient une suite : Coeur en vinyle…avec un trou au milieu…bat en mono…J’étais certain qu’une chanson s’y cachait, ne fut-ce que pour célébrer mon amour du disque 33 tours et le plaisir total que me procure chaque jour le geste d’en mettre un sur la table tournante et de l’écouter, pochette en main, lisant les textes de chansons, le nom des musiciens, regardant les photos, le graphisme, reniflant le carton et savourant le rituel jusqu’à la lie, même le moment où il faut se relever pour le retourner, le disque, et avoir accès à la légendaire face 2. Ce rituel est entré dans ma vie à l’enfance. C’est par lui que sont aussi entrés Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Les Cailloux, Les Beatles, Bob Dylan, Peter, Paul and Mary, Simon and Garfunkel…et des centaines d’autres professeurs…

Je me suis privé de ce plaisir pendant des décennies, succombant comme tout le monde aux avances de la technologie de reproduction de la musique. J’ai aimé le côté pratique et convivial des mini-cassettes, la qualité sonore indéniable du CD et l’accès rapide et universel que propose le téléchargement (légal, bien sûr) et l’idée que toute la musique soit disponible en tous lieux et en tout temps…

Deux événements m’ont ramené sur le droit chemin. Je blague. Le droit chemin, c’est d’en écouter et d’en diffuser de la musique, quelque soit le médium. Disons plutôt que deux événements rapprochés ont ramené ce plaisir dans ma vie:

D’abord une visite chez Louis-Jean Cormier, avec qui je travaillais sur l’album des Filles de Caleb à l’époque. Il venait tout juste de s’acheter une table tournante et un bon système de son. En quelques minutes et avec l’aide de The Band, entre autres, il m’a replongé dans cette zone intemporelle où la musique n’a pas d’âge, pas de frontières et où la beauté de l’objet cohabite avec le temps qu’on doit prendre pour s’en servir.
Puis, quelques mois plus tard, le fait de retrouver une dizaine de caisses de disques que je croyais disparus, donnés ou oubliés au gré des déménagements et des changements: ma précieuse collection!
je me suis donc aussi racheté une table tournante, je l’ai branchée à mon système et je suis redevenu amoureux. Je réécoute les vieux, j’en achète des nouveaux, j’en achète des vieux, je les écoute tous dans la joie et le désordre.

Une chanson, donc!

Je me suis dit: pourquoi pas une allégorie, tiens!

Elle est sortie en fin de semaine dernière, d’un coup. Je l’ai retravaillée au Studio Sauvage mardi dernier. La musique est volontairement vieillotte, la guitare en «finger-picking» directement inspirée des albums «country-folk» qui m’ont «forgé le caractère», comme dirait mon oncle, militaire de carrière…On ne peut empêcher, même en vinyle, un coeur d’aimer…

COEUR DE VINYLE

y’a un trou au milieu
de ton coeur de vinyle
par lequel s’échappe l’amour

(Sur l’enregistrement, vous entendrez «passe l’amour». Je l’ai changé depuis pour «s’échappe l’amour»)

la pochette c’est tes yeux
on peut lire si on veut
les paroles de ta vie
écrites en p’tit

au début de la face «A»
une grafigne égratigne
le sillon de la chanson
pis là ça saute
pis là ça saute
pis là ça saute
pis là ça saute

mais rendu su’l côté 2
oh tout l’monde est heureux
y’a des chansons d’amour
qui finissent mieux

y’a un trou au milieu
de ton coeur en mono
qu’est-ce tu dirais
si on s’mixait stéréo?
qu’est-ce tu dirais
si on s’mixait stéréo?

Bonne minute et 39 secondes d’écoute!




Le coffret À CE JOUR… est maintenant disponible!

Entre 1977 et 2008, Michel Rivard a enregistré huit albums originaux en studio. Réunis pour la première fois en un élégant coffret à l’allure de «bouquin», ces albums témoignent de l’évolution de l’artiste à travers 31 ans de créations: du folk acoustique de MÉFIEZ-VOUS DU GRAND AMOUR (1977) au synth-pop d’UN TROU DANS LES NUAGES, des accents européens de DE LONGUEUIL À BERLIN au folk-rock de SAUVAGE, du GOÛT DE L’EAU au MAUDIT BONHEUR, de l’intimisme de CONFIANCE au souffle symphonique de RIVIÈRE…

Chaque album à été attentivement remasterisé pour redonner aux chansons une clarté et une présence inégalée. Encastrés entre deux livrets où on retrouve l’ensemble des textes et quelques commentaires récents de l’auteur, les disques sont logés dans des reproductions miniatures de leurs pochettes originales.

À CE JOUR… ne prétend pas être une anthologie ou une intégrale. C’est une fidèle témoin d’une partie de l’oeuvre de Michel Rivard, un clin d’oeil au passé pour mieux plonger dans l’avenir. Comme il le dit lui-même en intérieur de couverture:

«huit album originaux en trente-et-un ans
c’est pas la fin du monde
mais c’est un maudit bon début
les voici réunis sous un même toit
écoutons-les ensemble
puis
relevons les manches
et attaquons la suite»

Plus de détails →